Le seul critère pour être volontaire à Data for Good

Pendant le temps où j’ai fait partie de l’équipe organisatrice de Data for Good, plus de mille volontaires se sont inscrits sur notre site pour proposer leurs compétences en science des données, développement ou design. Trois grands types de profil se dégagent parmi les bénévoles :

1/ Les étudiants encore à l’école et qui souhaitent appliquer ce qu’ils apprennent à des cas concrets, pour le bien commun. Cela leur apportent en plus des projets à ajouter à leur portfolio ce qui est de nos jours parfois plus important que le diplôme.

2/ Les employés de grosses structures, type banque, conseil ou assurance qui trouvent que leur travail manque de sens. L’association a pour eux une sorte de fonction expiatoire et leur donne l’occasion de se sentir utile à la société.

3/ Les employés de startups technologiques excités par les nouveaux défis et le fait de pouvoir tester de nouvelles technos. À côté de Data for Good, ils sont souvent engagés dans trois ou quatre autres projets et passent leur week-end dans des hackathons ou à se battre pour le leaderboard de Kaggle.

Ces catégories sont évidemment réductrices et les parcours des bénévoles sont souvent un mélange de ceux cités plus haut.

Peu importe.

En observant les volontaires les plus impliqués dans les projets, cela n’a jamais été une question de diplôme, d’expérience professionnelle ou de connaissance technique.

Un seul critère est pertinent : l’enthousiasme, l’envie, bref, la motivation.

C’est cette motivation qui fait que des volontaires qui ne se connaissent pas sont prêts à passer des soirées et des week-ends pour des projets auxquels ils croient. Dans l’organisation de Data for Good, tout est donc pensé pour que les bénévoles soient enthousiastes et le restent (NB : « pensé » est un bien grand mot ; « trouvé par tâtonnement » serait plus exact).

Le formulaire d’inscription, par exemple, comporte treize questions et demande une vingtaine de minutes pour être complété. Nous aurions pu ne demander que l’adresse e-mail mais cette première friction agit comme un filtre : 58 % des gens ne remplissent pas le formulaire jusqu’au bout.

Autre exemple, lors des journées de lancement, chaque volontaire peut choisir le projet qu’il ou elle préfère, sans limite dans la taille des équipes. Cela génère parfois de grosses équipes, ou des projets qui ne trouvent pas de bénévole. Mais le plus important est que chaque personne qui a choisi de donner de son temps puisse être sur son projet préféré, celui qui le fait vibrer et qui lui parle.

Dans une association où tout le monde est bénévole, quelle est la colle qui peut faire tenir toute une communauté ensemble si ce n’est la motivation ?

Article publié à l’origine sur Medium le 31 octobre 2019.

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